Yves Klein, intime

28 Oct, 2022

Exposition du 28 octobre 2022 au 26 mars 2023 à l’Hôtel de Caumont d’Aix-en-Provence

Ce mar­di après avoir déjeu­né avec mes confrères et consœurs guides confé­ren­ciers au res­tau­rant de l’Hôtel de Caumont, je suis allée voir en avant-première avec deux d’entre eux, l’exposition très inti­miste qui retrace la vie et l’œuvre du peintre niçois Yves Klein et nous dévoile 60 de ses créa­tions les moins connues du public.

International Klein Blue

Nouveau-moderniste des six­ties, c’est lui qui est à l’o­ri­gine du bleu pro­fond et élec­trique qu’il a fait bre­ve­ter et nom­mé: “International Klein Blue”. Il est prin­ci­pa­le­ment connu pour ses Monochromes, inclas­sable, il est à contre-courant des mou­ve­ments de pein­ture de son époque. Il trouve que l’art doit être épu­ré, que la cou­leur doit révé­ler des émotions.

Biographie de l’artiste

On découvre que l’homme a échoué au bac, qu’il est le fils d’un couple d’artistes, et sur­tout c’est un judo­ka émé­rite qui a étu­dié les arts mar­tiaux au Japon. Rentré à Nice pour ensei­gner le judo, il décide ensuite de deve­nir artiste-peintre. Il fut le pre­mier occi­den­tal à obte­nir une cein­ture noire. A l’entrée, une pho­to en pied, en noir et blanc, repré­sen­tant l’artiste tren­te­naire, sou­riant, qui pré­sente une cer­taine bon­ho­mie, ins­pire la sympathie.

Son oeuvre intime

Dans la pre­mière par­tie de l’exposition, on découvre ses œuvres les plus connues: les grands mono­chromes bleus Klein et les Sculptures éponges, repré­sen­tant des éponges marines recou­vertes de diverses cou­leurs. Ensuite, un film court en noir et blanc sur une boucle musi­cale qu’il a com­po­sé avec un musi­cien, nous dévoile une per­for­mance plu­tôt avant-gardiste pour l’époque: des femmes entiè­re­ment nues aux­quelles il applique de la pein­ture, se dressent devant un public puis se roulent dans la pein­ture. Ce sont Les Antropométries.

Témoignage d’un amour profond

A l’étage du magni­fique Hôtel par­ti­cu­lier du 17ème siècle, un témoi­gnage vidéo bou­le­ver­sant de sa femme, l’artiste alle­mande Rotraut qui répond d’une voix douce et grave aux ques­tions d’un jour­na­liste, dans un fran­çais impec­cable. Il savait, nous dit-elle, il avait ima­gi­né sa propre mort. Il rêvait de voler, d’être au-dessus du monde. Il a d’ailleurs mis en scène pour un jour­nal son “envol” — on le voit en pho­to dans la der­nière pièce de l’exposition, en train de se lais­ser tom­ber dans le vide… à vous de décou­vrir quel est le trucage !
Rotraut pour­suit, “le jour de sa mort, ils avaient fait venir un plâ­trier pour faire le mou­lage de son visage et buste, c’est fina­le­ment son masque mor­tuaire qu’il a réa­li­sé.” On devine à ces paroles de rési­lience, tel­le­ment tou­chantes, l’amour qu’elle lui vouait, et le res­pect sans borne qu’elle avait pour son mari.

L’hommage des amis artistes niçois

Des œuvres de ses amis recouvrent l’autre pièce. Arman, artiste sculp­teur niçois, spé­cia­liste des accu­mu­la­tions et com­pres­sions a réa­li­sé un portrait-robot des 2 mariés sous forme d’accumulation de leurs objets fétiches réunis dans une boîte rec­tan­gu­laire vitrée, expo­sée à la ver­ti­cale, telle une toile. L’artiste Christo avait peint le couple le jour de son mariage.

Il joue avec le feu

Yves Klein était fas­ci­né par le feu. Marqué par des pho­to­gra­phies d’Hiroshima, il a deman­dé à se ser­vir de lance-flammes à gaz, assis­té des pom­piers tenant des lances à eau, pour réa­li­ser ses Peintures de feu où il veut impri­mer des traces de feu et brûle les sup­ports, créant des effets de cou­leurs brû­lées ocre.

Monochromes-Yves Klein intime-Exposition

Un rebelle très croyant

Paradoxalement, l’ar­tiste est très bigot et fervent dis­ciple de “Sainte Rita”, patronne des cas déses­pé­rés. Son obses­sion pour le ciel et le bleu en témoignent. Trois mono­chromes rose, or, bleu, sym­bo­li­sant la Trinité.
Un minus­cule Ex-voto conte­nant les 3 pig­ments, qu’on a retrou­vé en Italie, en hom­mage à Sainte Rita de Cascia (1961).
Comme les artistes ita­liens du ‘Quattrocento”, il effec­tue des explo­ra­tions chro­ma­tiques en quête d’explication uni­ver­selle autour des prin­cipes de l’immatériel, de l’absolu et de l’éternité.
Pour clô­tu­rer l’exposition, on peut admi­rer l’“Anthropométrie” bleu Klein, mou­lage en plâtre du buste et par­ties intimes de Martial Raysse.
Klein est mort pré­ma­tu­ré­ment à 34 ans d’une crise car­diaque. Il avait anti­ci­pé sa mort et il par­vint à s’envoler…

Monochromes-Yves Klein intime-Exposition
Anthropométrie-Yves Klein intime-Exposition

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